Le tourisme de la fertilité.

Le tourisme de la fertilité.

De nombreux Européens voyagent à l'étranger pour recourir à des traitements contre l'infertilité. Assiste-t-on à un boom de ce tourisme de la fertilité? Comment expliquer cette tendance?... Quelques éléments de réponse.

Si ce tourisme d'aide médicale à la procréation ne fait pas de doute, on avait jusqu'alors peu de chiffres permettant d'évaluer ce phénomène. Une étude présentée dans le cadre du congrès de la société européenne de reproduction humaine et d'embryologie 2009 nous permet d'en savoir plus.

Le boom du tourisme de la fertilité.

mereporteuse.infoPendant un mois, les chercheurs ont collecté des informations dans les cliniques participantes de six pays: Belgique, République Tchèque, Danemark, Slovénie, Espagne et Suisse. Chaque patient venant de l'étranger devait remplir un questionnaire sur leur condition, les raisons de leur voyage ou les conditions de remboursement de ce traitement. Au total, 1230formulaires ont été remplis en un mois. «Le nombre total de cycles de traitement peut être extrapolé à un an, en estimant que les cliniques participantes représentent moins de la moitié des centres de chaque pays. Cela conduit à au moins 20000 à 25000 cycles de traitements par an dans ces pays» déclare le DrFrançoise Shenfield du University College Hospital (Londres). Il est cependant difficile d'extrapoler un nombre de patients de ces chiffres, certains patients reçoivent plusieurs cycles pour accéder à une grossesse, le nombre moyen de cycles dépendant également du type de traitement. Néanmoins, ces chiffres limités à six pays témoignent de l'important de ce "tourisme de la fertilité". D'où viennent ces touristes particuliers? Les deux tiers des patients venaient de 4 pays: Italie (31,8%), Allemagne (14,4%), Norvège (12,1%) et France (8,7%). Au total, des personnes venant de 49pays différents traversent la frontière pour recourir à des traitements contre l'infertilité.

Les raisons de ce tourisme.

Mais pourquoi ces couples vont-ils à l'étranger? La principale raison est pour éviter les restrictions légales de leur pays d'origine, c'est le cas de 80,6% des Allemands, 71,6% des Norvégiens, 70,6% des Italiens et 64,5% des Français. Une difficulté d'accès aux traitements est plus souvent citée par les Anglais (34%) que par les autres Européens.

· L'âge joue également un rôle important. L'âge moyen des voyageurs est de plus de 37ans, mais les Allemands et les Anglais sont généralement plus âgés (51,1% des Allemands et 63,5% des Anglais ont plus de 40ans);

· La situation civile varie d'un pays à l'autre. Globalement, 69,9% des femmes sont mariées et seulement 6,1% sont célibataires. Mais 82% des Italiennes sont mariées, alors que 50% des

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· Françaises sont en couple libre (souvent du même sexe) et 43,4% des Suédoises étaient célibataires;

· Les traitements attendus sont variés. La majorité des répondants venaient pour des traitements d'assistance médicale à la reproduction, 22% pour des insémination intra-utérine et 4,9% pour les deux. Mais là-encore, les demandes varient en fonction des pays. Les Françaises (53,3%) et les Suédoises (62,3%) demandent en plus grand nombre des inséminations intra-utérines;

· Ces traitements réalisés à l'étranger sont mal remboursé, selon le Dr Shenfield "Seulement 13,4% des patients participants reçoivent un remboursement partiel, et seulement 3,8% ont un remboursement total de leur traitement". Le pays le plus généreux est la Norvège qui rembourse partiellement (44,4%) ou en totalité (22,1%). En France, ces traitements ne sont remboursés que lorsque le délai proposé est trop long. Les traitements illégaux au regard de la loi française (pour les femmes célibataires ou les couples homosexuels) ne sont pas remboursés.